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Algues-02-2011

BIOREMEDIATION DES REJETS PISCICOLES PAR CULTURE D'ALGUES MARINES

Les élevages intensifs de poissons en cages sont une source de rejets azotés et phosphatés importants qui peuvent entraîner une eutrophisation du milieu. Cette étude a porté sur une ferme marine dans la baie de Nansha en Chine. Elle a mis en évidence que 451 m2 de culture en laminaires et 690 m2 en gracilaires étaient suffisants pour absorber les rejets en azote et phosphore d'une cage d'élevage piscicole (3 x 3 x 6 m) contenant 1000 poissons (dorades) pour une production d'environ 250 kg/an.

Avis du CEVA : cet article présente une étude chiffrée sur les effets de la coculture algues + poissons en baie de Nansha (Chine). Les rejets mesurés en azote inorganique dissout et en phosphates ont été suivis et la contribution des poissons évaluée. La surface nécessaire d'algues cultivées pour absorber ces rejets a été estimée. Cette approche multitrophique reproduit à l'échelle des fermes marines ce qui est utilisé depuis longtemps dans les fermes traditionnelles terrestres. Les résultats se multiplient montrant l'intérêt de l'approche.

Source : JIANG z.J., FANG J.G., MAO Y.z., WANG W. (2010). Eutrophication assessment and bioremediation strategy in a marine fish cage culture area in Nansha Bay, China. J. Appl. Phyco. , 22, 421-426.

L'aquaculture de poissons s'est développée rapidement jusqu'à constituer une part majoritaire du marché. La demande continue à augmenter régulièrement motivant des investissements importants à travers le monde. Les fermes marines qui pratiquent l'aquaculture utilisent des systèmes de cages, généralement en plastique de différentes tailles. Chaque cage constitue une unité dans laquelle la croissance des poissons est effectuée par alimentation artificielle. Une partie des aliments distribués n'est pas capturée par les poissons et tombe sur les fonds où ils sont dégradés. Ce phénomène, associé aux déjections des poissons riches en azote inorganique dissout, tend à augmenter fortement les concentrations en sels nutritifs dans l'eau de mer environnante. Une eutrophisation importante du milieu est alors observée, avec parfois un développement anarchique de microalgues toxiques (cyanobactéries ou autres) très néfaste pour l'élevage. La densité des cages dans certaines baies amplifie le problème. Une solution envisagée est d'utiliser ces nutriments pour réaliser une production primaire dirigée avec des grandes algues. Mise au point au Canada, cette technique (IMT A : Integrated Multitrophic Aquaculture) est basée sur la polyculture: algues/animaux. De nombreux exemples ont montré son efficacité. Les auteurs de cet article ont étudié la baie de Nansha en Chine. Une ferme marine de grande taille y est installée sur une zone de 1,27 km2 de faible profondeur (13 m). 4000 cages en polyéthylène sont installées, de dimension 3 x 3 x 6 m. Elles contiennent des dorades (75 %) ou des courbines jaunes (25 %). Chaque cage contient environ 1000 poissons pour une production annuelle de 250 kg. Des prélèvements ont été effectués tout au long de l'année afin de mesurer nitrates, ammonium, nitrites et phosphates dans l'eau de mer. Les résultats ont été combinés dans un modèle avec les taux d'excrétion des poissons, les taux de croissance des algues et leur composition. L'objectif était d'obtenir une évaluation de la surface en algues nécessaire pour absorber les rej ets d'une cage de poissons. Les résultats ont montré la contribution significative des poissons en cage sur l'apport d'azote inorganique dissout, l'automne étant la période où le maximum est observé. L'indice d'eutrophisation, basé sur le rapport NIP, est déjà élevé dans les eaux de la baie. Il est amplifié autour des .cages d'élevage. Les algues envisagées pour la culture, car déjà cultivées localement, sont Laminaria et Gracilaria. Les productivités respectives sur toute la période de croissance sont de 5,6 kg frais/m2 pour Laminaria (hiver et printemps) et de 3 kg frais/m2 pour Gracilaria (automne, été). Combinées aux données de composition en azote et phosphore, il a été possible de calculer la surface nécessaire pour absorber les nutriments en excès, rejetés par les cages. Il faut 450 m2 de culture de Laminaria en hiver et au printemps pour chaque cage, alors que 690 m2 de culture de Gracilaria sont nécessaires en été et en automne.
   

Initialement publié dans  la Veille Technologique Britta-Valorial : Algues/02-2011

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