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Algues-22-2011

REVUE SUR LES EFFETS PREBIOTIQUES DES ALGUES EN ALIMENTATION HUMAINE ET ANIMALE

Les effets prébiotiques de certains composés alimentaires ont été définis précisément par trois conditions: leur résistance aux premières étapes de la digestion, leur utilisation comme substrat de croissance par certaines bactéries intestinales et enfin les effets bénéfiques sur l'organisme. Les polysaccharides d'algues sont connus pour répondre au premier critère. Les auteurs décrivent les résultats des essais visant à mettre en évidence les réponses aux deux autres critères.

Avis du CEVA : les auteurs présentent une revue sur le potentiel des algues comme source d'ingrédients prébiotiques. Cet article est une bonne référence aux travaux sur le sujet .. ll montre clairement que lepotentiel existe. mais il met aussi en évidence les barrières et les difficultés de la mise en oeuvre. Beaucoup de ces expériences ne caractérisent pas suffisamment leurs ingrédients. Par exemple, les fucanes sont une famille de molécules dont la composition peut varier au sein d'une même espèce. Leur extraction est aussi très variable selon le traitement des algues: fraiches, séchées lentement. séchées rapidement ...

Source : 'SULLIVAN L., MURPHY B., MCLOUGHLIN P., DUGGAN P., LAWLOR P., HUGUES H., GARDINER G. (2010). Prebiotics from marine macroalgae for human and animal health applications. Marine Drugs , 8, (7), 2038-2064.

En alimentation animale et humaine, les études sur l'amélioration de la santé sont de plus en plus nombreuses. Il est apparu rapidement que la composition de la flore intestinale est un des paramètres clefs impactant fortement \' état général des organismes hôtes. Une flore équilibrée ralentit.le développement de germes pathogènes d'origine exogène ou endogène. Le métabolisme des aliments par ce consortium complexe composé de nombreuses bactéries génère une variété de composés plus faciles à utiliser par l'organisme, voire indispensables. Une première méthode pour s'assurer d'avoir une flore adaptée est d'ingérer directement les bactéries nécessaires; on parle alors d'aliments ou de compléments probiotiques. Une autre méthode consiste à stimuler la sélection naturelle des bactéries bénéfiques en apportant des composés/substrats spécifiques; on parle d'effet prébiotique. Il existe actuellement quelques produits ayant cette propriété, par exemple l'inuline, l' oligofructose et le lactulose. Des conditions précises pour considérer un composé composé ayant des effets prébiotiques ont été définies. Il doit résister aux premières étapes de la digestion (acide et enzymatique). Il doit être métabolisable par les bactéries bénéfiques de la tlore intestinale et éventuellement leur servir de substrat de croissance arin de privilégier leur développement. Enfin, les produits de dégradation du composé et/ou la stimulation des bactéries doivent avoir des effets bénéfiques sur l'organisme hôte. Les polysaccharides d'algues sont connus pour être des fibres alimentaires, non dégradées par les premières étapes de la digestion. Des essais in vitro ont montré que les bactéries intestinales pouvaient dégrader: l'alginate, le laminarane, l'agar, le fructooligosaccharide, les constituants de la feuille de nori...  Parfois, seuls les lactobacilles en sont capables, parfois uniquement les entérobactéries ou les bifidobactéries. Il est plus rare d'avoir toutes les ràmilles de bactéries actives. Le potentiel affiché par ces tests est évalué plus précisément avec des essais in vivo sur modèles animaux. A titre d'exemple, on peut citer: les oligoalginates stimulant la prolifération des bifidobactéries et des lactobacilles, de même avec des hydrolysats d' agarose, mais uniquement les bifidobactéries pour le laminarane. Des essais ont aussi montré la réduction du risque de canc.er du côlon par l'intégration dans l'alimentation des algues du type wakame et porphyra. Ces essais ont été réalisés sur des souris et des rats. D'autres études présentent des expériences sur animaux de rente monogastriqueset polygastriques. L'utilisation des algues entières ne semble pas bénéfique. Les essais avec des laminaires et des ascophyllums sur des jeunes cochons sevrés et des agneaux n'ont pas apporté l'effet positif sur la prise de poids et la santé. Les mêmes essais avec des extraits d'algues riches en laminarane ou en fucanes ont, en revanche, montré des efIets bénéfiques significatifs, similaire à ceux du lactose. Les auteurs listent un nombre important d'études avec leurs résultats clefs positifs ou négatifs.
   

Initialement publié dans  la Veille Technologique Britta-Valorial : Algues/22-2011

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